L’art des chargements de projet
Les publications de l’industrie maritime regorgent de photos de chargements d’équipements lourds et de projet. Assurément, compte tenu des enjeux importants associés à de tels chargements, l’organisation de la logistique d’une expédition internationale porte à porte d’un gros camion, d’un char d’assaut ou encore d’un bateau fait monter l’adrénaline. Étant donné la nature des risques, le meilleur moyen d’éviter toute mésaventure à vous faire dresser les cheveux sur la tête est de planifier minutieusement l’expédition, en vous fiant aux meilleures informations et à des partenaires de choix. Notre entreprise est de plus en plus active dans le domaine de l’expédition de projets. Je pensais partager avec vous quelques réflections à ce sujet.
Clichés instantanés: À quai, c’est un moment enivrant lorsque l’opérateur de portique soulève avec précaution une charge de 62 tonnes métriques au moyen d’un levier d’élévation dernier modèle installé à bord du navire. Les heures s’égrènent pendant la tempête de verglas de 1998, alors qu’en s’approchant de l’aire de pesage, un char d’assaut monté sur une remorque semble prend de plus en plus de poids, Debout à quai, exposé aux intempéries, dans un port lointain, téléphone cellulaire à la main, c’est le moment de confirmer au client que les débardeurs arriment enfin la cargaison.
La cargaison: Au départ, il est primordial d’obtenir les spécifications précises de l’équipement en question, que ce soit son poids, ses dimensions ou encore des aspects particuliers tels des pièces vulnérables ou fragiles. Lors d’un premier chargement, il est très important d’obtenir un schéma détaillé de la cargaison, incluant le centre de gravité et des points d de levage, afin de transmettre ce schéma aux partenaires qui auront la responsabilité d’en prendre soin. Par exemple, la cargaison est-elle dotée de pièces de fixation requises pour un voyage en mer? Ou a-t-elle plutôt été conçue uniquement en fonction du transport routier à terre? À quai, le soudage sur mesure peut coûter cher, risquant ainsi d’énerver toutes les parties associées à l’expédition.
Les maillons de la chaîne de transport: L’acheminement le plus approprié et le meilleur mode de transport sont étroitement liés à la nature de l’équipement en question. Lors d’une expédition porte à porte, la complexité des étapes à suivre ressemble parfois à un parcours d’obstacles: mais avant de partir en voyage, il faut dégager le passage à parcourir. La réussite d’une expedition exige au départ une maîtrise des moyens à prendre et d’une myriade de détails ainsi que des attentions particulières à apporter. Il faut également bien comprendre les conditions locales, pendant le parcours envisagé. Évidemment, des communications claires entre expéditeur et importateur sont de mise. De plus, il faut envoyer des instructions claires (et parfois en recevoir aussi) auprès des camionneurs compétents ou du chemin de fer, du port des débardeurs de chargement, des agents maritimes, possiblement de la ligne que ces derniers représentent également, ainsi que des partenaires outre-mer en communication avec leurs débardeurs, agents et transporteurs suivants.
Chargements de projet vs. chargements de conteneurs: selon notre expérience, il y a des différences importantes entre les chargements d’équipements et les chargements de conteneurs de 20 ou de 40 pieds. Lorsque nécessaire, il faut faire appel à l’expertise des experts maritimes sur place, lors de chaque étape, telle les ports de chargement ou de déchargement. Dans chaque cas, il faut former un jugement approprié. Selon notre expérience, les informations préalables fournies par les experts maritimes sont souvent indispensables.
Les débardeurs ont-ils les moyens d’accomplir leurs tâches? Ont-ils assez d’information? Le centre de la gravité est-il clairement indiqué? La manière appropriée de soulever la cargaison est-elle indiquée?Dans le cas où le chargement ou le déchargement semble s’éterniser, cela n’est-il pas dû au fait que les débardeurs manquent de moyens ou d’informations appropriés? Dans ce domaine d’activité, le temps, c’est de l’argent. Lorsque l’on rencontre des difficultés à charger des équipements lourds, cela peut entraîner des factures de temps d'attente chez les camionneurs, du temps mort chez les débardeurs et même des frais de surestaries pour les navires. Dans le domaine de l’équipement lourd, on doit prévoir toute l’opération à l’avance avec un débardeur compétent, alors qu’une telle relation n’est pas pertinente dans le domaine du transport de conteneur. En établissant les objectifs conjointement avec les débardeurs, on s’assure de la meilleure supervision possible du chargement et du déchargement.
Points importants à signaler: Voici quelques conseils. S’il s’inquiète des vices intrinsèques ou de l’insécurité d’un équipement, le captaine du navire peut refuser de le charger. La FDA (Food and Drug Administration) peut porter une attention particulière à des substances étrangères telles que la boue collée aux équipements lourds à importer et devant être nettoyée avant le déchargement. Des inspecteurs de wagons ferroviaires insistent pour que les équipements soient bien arrimés aux wagons avant d’autoriser le transport intérieur. À moins d’être bien arrimés, les équipements lourds peuvent se desserrer. Ces efforts supplémentaires coûtent généralement un peu plus cher, mais peuvent être intégrés dès la planification et atténués en conséquence.
Viser l’excellence: Peut-on réellement parler de « l’art des chargements de projet »? En fait, lorsqu’on évoque l’excellence, on parle d’une forme d’art. Dans le domaine de l’expédition d’équipements lourds, en quoi l’excellence consiste-t-elle? À mon avis, elle implique au moins les principes de service suivants. En assumant la responsabilité globale d’une expédition porte à porte, l’on doit naturellement être pro-actif, tout en faisant conduire, pour ainsi dire, l’équipement lourd le long de la chaîne de transport, relevant les obstacles au moment où surgissent ces derniers. Il faut de la gestion « main à la pâte ».
Il faut également veiller sur l’horaire des points de transit primordiaux du chargement, afin de s’assurer que les engagements déjà pris sont pleinement respectés. Ainsi, tout en suivant le chargement de façon continue, on arrive à identifier les causes de délais possibles, à réagir rapidement, et à éviter l’augmentation des coûts. Finalement, il est important de signaler le fait que l’expéditeur et l’importateur tiennent à être informés de façon opportune et juste de la progression du chargement, recevant par la même occasion des nouvelles de tout contretemps, retard et mesure de redressement – car l’expéditeur et l’importateur doivent eux aussi respecter leurs engagements. Après tout, le contrat repose sur la confiance.
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